La prière ne s’arrête jamais tant que le musulman conserve sa conscience, même en cas de maladie grave ou d’immobilité totale. L’islam prévoit une gradation de positions — debout, assis, allongé, puis par simples gestes — pour que chacun puisse continuer à prier selon ses capacités réelles.
Le principe : la prière ne tombe jamais
لَا يُكَلِّفُ اللَّهُ نَفْسًا إِلَّا وُسْعَهَا
« Allah n’impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité. »
— Sourate Al-Baqara, 2:286
صَلِّ قَائِمًا، فَإِنْ لَمْ تَسْتَطِعْ فَقَاعِدًا، فَإِنْ لَمْ تَسْتَطِعْ فَعَلَى جَنْبٍ
« Prie debout ; si tu ne le peux pas, alors assis ; si tu ne le peux pas non plus, alors sur le côté. »
— Rapporté par Al-Bukhari, hadith de ‘Imran ibn Housayn, qui souffrait d’hémorroïdes.
Les positions autorisées selon l’état du malade
| Situation | Comment prier |
| Difficulté à se tenir debout | Prier debout en s’appuyant sur un mur, une canne ou une autre personne si nécessaire. |
| Incapacité totale de se tenir debout | Prier assis, de préférence en tailleur, en inclinant le buste pour le roukou’ et le soujoud. |
| Incapacité de rester assis | Prier allongé sur le côté (de préférence le côté droit), face à la Qibla, en effectuant roukou’ et soujoud par de simples inclinaisons de la tête, le soujoud plus bas que le roukou’. |
| Incapacité de s’allonger sur le côté | Prier allongé sur le dos, les pieds orientés vers la Qibla si possible, en inclinant la tête pour le roukou’ et le soujoud. |
| Incapacité de bouger la tête | Prier par le seul mouvement des yeux, en dirigeant le regard pour signifier le roukou’ et le soujoud. |
| Incapacité de tout mouvement, y compris des yeux | Prier par le cœur (intention et récitation intérieure), la prière restant valide selon l’avis de la majorité des savants. |
Les ablutions adaptées à la maladie
Si l’eau est inaccessible ou son usage nuisible à la santé (blessure, perfusion, contre-indication médicale), le malade peut recourir au tayammoum (ablution sèche avec de la terre ou une surface propre), qui remplace intégralement le woudou ou le ghusl dans ces circonstances.
Pour les personnes souffrant d’incontinence ou de saignements continus, il est permis de prier normalement après avoir pris les précautions raisonnables (protection, nouvelle ablution avant chaque prière), l’écoulement continu ne rendant pas l’ablution caduque pendant la prière elle-même.
Le regroupement des prières pour raison médicale
En cas de maladie rendant difficile l’accomplissement de chaque prière à son heure propre (traitement lourd, opération, hospitalisation), il est permis, selon l’avis de nombreux savants contemporains, de regrouper Dhuhr avec Asr, et Maghrib avec Icha, par analogie avec la facilité accordée au voyageur. Retrouvez le détail de cette facilité (Jam’) dans notre article Prière du voyageur : comment raccourcir sa prière (Qasr).
FAQ
Un malade peut-il prier sans faire le roukou’ et le soujoud complets ?
Oui, s’il ne peut pas s’incliner ou se prosterner complètement, il les remplace par de simples inclinaisons, en veillant à incliner davantage pour le soujoud que pour le roukou’, afin de marquer la distinction entre les deux positions.
Faut-il rattraper les prières manquées après guérison ?
Si le malade a perdu connaissance ou a été dans l’incapacité totale de prier même par le cœur (coma prolongé, par exemple), les avis des savants divergent sur l’obligation de rattraper ces prières une fois rétabli — un enseignant qualifié peut aider à clarifier la situation au cas par cas.
Le tayammoum remplace-t-il complètement les ablutions ?
Oui, lorsque les conditions le justifient (absence d’eau ou danger pour la santé), le tayammoum a la même valeur que le woudou ou le ghusl qu’il remplace, pour la durée où l’empêchement persiste.
Aller plus loin avec l’Académie Bayan
Retrouvez le déroulement général de la prière dans notre guide Comment faire la prière en islam (As-Salat).
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