Après le verbe au présent, voici le troisième et dernier mode fondamental de la conjugaison arabe : l’Amr, qui exprime un ordre. Bonne nouvelle : il se construit directement à partir du Moudari’ que vous venez d’apprendre.
Cette leçon fait partie de notre parcours complet de grammaire arabe.
Qu’est-ce que l’Amr ?
الْأَمْرُ (al-amr) exprime un ordre ou une demande. Contrairement au Madi et au Moudari’, l’Amr n’existe qu’à la 2e personne (« tu » et « vous ») : il n’y a pas de forme d’impératif pour « je », « il » ou « nous » en arabe, exactement comme en français d’ailleurs (on ne dit pas « je écris ! » à l’impératif).
Une règle que vous connaissez déjà sans le savoir

Si vous avez suivi notre cluster Alphabet, ouvrez votre mémoire un instant : dans la leçon sur l’Alif al-Wasl, vous avez lu et prononcé des mots comme اُكْتُبْ (écris !), اِذْهَبْ (va !) ou اِقْرَأْ (lis !). Vous ne le saviez peut-être pas encore, mais ces mots sont exactement les verbes à l’impératif que nous allons étudier ici !
Mieux encore : la règle qui détermine la voyelle de cet alif (Fatha/Kasra du 3e radical → Kasra sur l’alif ; Damma du 3e radical → Damma sur l’alif) est exactement la même que celle que vous avez déjà apprise. Cette leçon ne fait donc que donner un sens grammatical à quelque chose que vous saviez déjà lire.
Comment former l’impératif à partir du Moudari’
Trois étapes suffisent :
- 1. Prenez le Moudari’ à la 2e personne du masculin singulier (تَكْتُبُ, taktubu).
- 2. Retirez le préfixe تَ : il reste كْتُبْ, qui commence par une lettre sans voyelle (Soukoun).
- 3. Comme un mot ne peut jamais commencer par une lettre sans voyelle, on ajoute un Alif al-Wasl de soutien, dont la voyelle suit la même règle que dans notre leçon précédente : اُكْتُبْ (uktub).
Rappel de la règle : si la 3e lettre du radical porte une Damma (comme ici, تُ), l’alif de soutien prend une Damma. Si elle porte une Fatha ou une Kasra, l’alif prend une Kasra.
Tableau complet de conjugaison, avec اُكْتُبْ (écris !)

L’impératif ne concerne que 5 des 12 pronoms que vous connaissez, tous à la 2e personne :
| Pronom | Conjugaison | Prononciation | Sens |
| أَنْتَ | اُكْتُبْ | uktub | écris ! (à un homme) |
| أَنْتِ | اُكْتُبِي | uktubi | écris ! (à une femme) |
| أَنْتُمَا | اُكْتُبَا | uktuba | écrivez, vous deux ! |
| أَنْتُمْ | اُكْتُبُوا | uktubou | écrivez ! (à des hommes) |
| أَنْتُنَّ | اُكْتُبْنَ | uktubna | écrivez ! (à des femmes) |
D’autres exemples vous sont déjà familiers grâce à la leçon sur l’Alif al-Wasl : اِذْهَبْ (va !), اِقْرَأْ (lis !), اِسْمَعْ (écoute !), اِفْتَحْ (ouvre !), اُدْخُلْ (entre !), اِجْلِسْ (assieds-toi !), اُخْرُجْ (sors !).
Un ordre trop direct ? Comment l’adoucir poliment
Comme en français, un ordre brut peut sonner sec à l’oral. Pour l’adoucir, ajoutez simplement مِنْ فَضْلِكَ (min fadlik, « s’il te plaît », à un homme) ou مِنْ فَضْلِكِ (min fadliki, à une femme) après votre phrase :
اُكْتُبْ اسْمَكَ مِنْ فَضْلِكَ
« Écris ton nom, s’il te plaît » ; une formule à retenir pour rester poli au quotidien.
L’impératif négatif : comment dire « ne fais pas »
Pour interdire ou demander de ne pas faire quelque chose, l’arabe n’utilise pas l’Amr, mais une construction différente : لَا (la, « ne pas ») suivi du Moudari’ à une forme légèrement modifiée (dite Majzoum). Exemple : لَا تَكْتُبْ (la taktub, « n’écris pas »). Cette construction fera l’objet d’une leçon dédiée dans notre cluster, une fois la négation abordée en détail.
Erreur fréquente à éviter
Le piège le plus documenté chez les apprenants : mettre systématiquement une Kasra sur l’Alif al-Wasl de soutien, sans vérifier la voyelle de la 3e lettre du radical. Résultat fréquent : اِخْرُجْ au lieu de la forme correcte اُخْرُجْ (sors !), car la 3e lettre رُ porte une Damma. Prenez toujours 2 secondes pour vérifier cette 3e lettre avant d’écrire l’Alif al-Wasl.
Exercice pratique
Exercice 1 : Formez l’impératif de دَرَسَ (darasa, « étudier », Moudari’ يَدْرُسُ) pour أَنْتَ et أَنْتِ.
Exercice 2 : Le verbe جَلَسَ (jalasa, « s’asseoir ») a pour Moudari’ يَجْلِسُ. Quelle voyelle portera l’alif de soutien de son impératif, et pourquoi ?
Réponses
Exercice 1 : اُدْرُسْ (udrus, étudie ! à un homme) ; اُدْرُسِي (udrusi, étudie ! à une femme).
Exercice 2 : Une Kasra, car la 3e lettre du radical (سِ dans يَجْلِسُ) porte une Kasra. L’impératif est donc اِجْلِسْ (ijlis).
La fiche PDF de l’impératif en arabe (Al-Amr)
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FAQ
Qu’est-ce que l’Amr en arabe ?
L’Amr (الْأَمْرُ) est le mode impératif, qui exprime un ordre. Il n’existe qu’à la 2e personne (tu/vous), formé directement à partir du Moudari’.
Pourquoi اُكْتُبْ commence-t-il par un alif ?
Parce qu’un mot arabe ne peut jamais commencer par une lettre sans voyelle. Après avoir retiré le préfixe تَ du Moudari’, un Alif al-Wasl de soutien est ajouté, avec une voyelle qui dépend de la 3e lettre du radical.
L’impératif existe-t-il pour « nous » ou « je » en arabe ?
Non, l’Amr classique n’existe qu’à la 2e personne. Pour exprimer une suggestion incluant le locuteur (« écrivons ! »), l’arabe utilise une autre construction, avec le Moudari’ précédé de لِـ (li-).
Comment dit-on « ne fais pas » en arabe ?
On utilise لَا (la) suivi du Moudari’ à la forme Majzoum, et non l’Amr : par exemple لَا تَكْتُبْ (n’écris pas).
L’impératif change-t-il selon le genre et le nombre ?
Oui, comme le Madi et le Moudari’ : il existe 5 formes différentes selon que l’on s’adresse à un homme, une femme, deux personnes, un groupe d’hommes ou un groupe de femmes.
Vous connaissez maintenant les 3 temps fondamentaux : direction à présent la morphologie arabe avec notre leçon sur le Sarf.
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