Pour faire la roqya soi-même : préparez une intention sincère (niyya) dans un lieu calme, récitez Al-Fatiha, Ayat Al-Kursî puis les trois dernières sourates du Coran, soufflez légèrement sur vos mains et passez-les sur votre corps. Cette pratique, simple et accessible à tout musulman, se répète idéalement matin et soir avec constance.
Vous savez désormais ce qu’est la roqya et contre quoi elle protège. Reste une question très concrète : comment la pratiquer soi-même, chez soi, sans l’aide de qui que ce soit ? Bonne nouvelle : c’est plus simple que ce qu’on imagine, et c’est même la forme de roqya la plus recommandée par de nombreux savants.
Dans ce guide, nous détaillons chaque étape, geste par geste, avec les sources authentiques qui les appuient — y compris une question que peu d’articles abordent honnêtement : la roqya est-elle différente pour une femme ?
Peut-on faire la roqya soi-même sans être savant ?
Oui, sans aucune réserve. Contrairement à une idée reçue, la roqya ne nécessite ni diplôme religieux, ni bénédiction d’un cheikh, ni passage par un intermédiaire quelconque. N’importe quel musulman, dès lors qu’il respecte les trois conditions de validité — parole d’Allah, langue comprise, certitude que seul Allah guérit — peut pratiquer la roqya sur lui-même.
C’est d’ailleurs l’option la plus sûre : en la pratiquant vous-même, vous évitez tout risque de tomber sur une personne malintentionnée se faisant passer pour un raqi (voir notre article pilier pour reconnaître les signaux d’alerte à ce sujet).
Pour retrouver l’ensemble du cadre général — définition, conditions, ce contre quoi la roqya protège — consultez notre article pilier : Roqya Islam : se protéger du mauvais œil et de la sorcellerie .
Les étapes de la roqya sur soi-même

1. Préparation et intention (niyya)
Avant de commencer, installez-vous dans un endroit calme, si possible seul, sans bruit ni distraction. Formulez intérieurement votre intention (niyya) : vous ne recherchez la guérison ou la protection qu’auprès d’Allah Seul, le Coran et les invocations n’étant qu’un moyen (sabab) que vous mettez entre Ses mains. Il n’est pas obligatoire d’être en état de purete rituelle (wudu), mais cela reste préférable et plus propice à la concentration.
2. Récitation des versets
Récitez posément — sans précipitation, en comprenant le sens de ce que vous dites — les versets suivants, déjà détaillés avec leur texte arabe complet, transcription et traduction dans notre article pilier :
Sourate Al-Fâtiha, Ayat Al-Kursî (Al-Baqara, 2:255), puis les trois dernières sourates du Coran (Al-Ikhlâs, Al-Falaq, An-Nâs).
Pour un mal ou une douleur physique précise, une méthode spécifique a été enseignée directement par le Prophète ﷺ à l’un de ses compagnons :
Hadith — Sahih Mouslim, n° 2202
ضَعْ يَدَكَ عَلَى الَّذِي تَأَلَّمَ مِنْ جَسَدِكَ وَقُلْ: بِسْمِ اللَّهِ ثَلَاثًا، وَقُلْ سَبْعَ مَرَّاتٍ: أَعُوذُ بِعِزَّةِ اللَّهِ وَقُدْرَتِهِ مِنْ شَرِّ مَا أَجِدُ وَأُحَاذِرُ
Transcription : A’ûdhu bi-‘izzatillâhi wa qudratihî min sharri mâ ajidu wa uhâdhir.
Traduction : Le Prophète ﷺ dit à ‘Uthmân ibn Abî Al-‘Âs, qui se plaignait d’une douleur depuis sa conversion : « Pose ta main sur l’endroit de ton corps qui te fait mal et dis trois fois « Bismillah » (Au nom d’Allah), puis dis sept fois : « J’implore la protection d’Allah et de Son pouvoir contre le mal que je ressens et que je redoute. » »
Rapporté par Mouslim (n° 2202). Hadith authentique (sahih).
Ce hadith est précieux car il donne un exemple concret et complet : la main posée sur la zone douloureuse, une formule brève, répétée un nombre de fois précis — loin de l’image d’une pratique compliquée ou réservée à des initiés.
3. Le geste de souffler
Après la récitation, il est de tradition prophétique (comme vu dans notre article pilier avec le hadith d’Aïcha) de souffler légèrement dans ses mains jointes, puis de les passer sur les parties du corps que l’on peut atteindre, en commençant par la tête et le visage. Ce geste n’a rien de magique en lui-même : il accompagne simplement la récitation, qui reste l’élément essentiel.
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La roqya au féminin : ce qu’il faut savoir
C’est une question que l’on nous pose souvent, et qui reste pourtant peu traitée clairement ailleurs. La réponse est en réalité rassurante et simple : la roqya sur soi-même ne nécessite la présence d’absolument personne, homme ou femme. Une femme peut donc réciter les versets et pratiquer les gestes décrits plus haut, seule, chez elle, exactement de la même manière qu’un homme — sans qu’aucune règle de pudeur particulière n’entre en jeu, puisqu’il n’y a aucun tiers impliqué.
La question de la pudeur (notamment le fait d’éviter le khalwa, l’isolement avec un homme non-mahram) ne se pose que si l’on envisage de consulter un raqi extérieur pour un cas jugé difficile. Dans ce cas, il est recommandé, dans la mesure du possible, de privilégier une raqiya (praticienne) ou de se faire accompagner d’un mahram — les mêmes règles de bienséance qui s’appliquent à toute autre consultation dans la vie quotidienne d’une musulmane.
En résumé : pour la roqya sur soi-même, aucune question ne se pose réellement. C’est justement l’un de ses grands avantages.
Les erreurs à éviter

Pour que votre roqya reste pleinement conforme, voici les erreurs les plus fréquentes à écarter :
- Inventer des formules, des chiffres de répétition ou des rituels qui n’ont aucune base dans le Coran ou la Sunna authentique
- Porter une amulette ou un objet « protecteur » en complément — ce qui annule la sincérité de la démarche (voir notre article pilier sur le chirk lié aux amulettes)
- Réciter sans comprendre le sens des paroles, comme une formule magique creuse
- Abandonner après une seule tentative : la roqya se pratique avec constance, pas comme un remède miracle instantané
📌 À retenir
Une roqya simple, sincère et régulière vaut largement mieux qu’une recherche compliquée de formules exceptionnelles ou de praticiens extérieurs. La simplicité fait partie de la sagesse de cette pratique.
Pour comprendre plus en détail contre quel mal précis vous pourriez avoir besoin de vous prémunir, notre article Le sihr (sorcellerie) en Islam : signes, symptômes et types détaille les signes et types les plus fréquemment évoqués par les savants — toujours avec la prudence qui s’impose.
Conclusion
Faire la roqya soi-même n’a rien de compliqué : une intention sincère, quelques versets essentiels, un geste simple, et surtout de la régularité. C’est une pratique à la portée de chaque croyant, homme ou femme, sans intermédiaire nécessaire.
Gardez toujours à l’esprit ce que nous rappelions dans notre article pilier : la roqya n’est qu’un moyen. C’est Allah Seul qui guérit.
Foire aux questions
Q : Une femme peut-elle faire la roqya seule ?
Oui, absolument. La roqya sur soi-même ne nécessite la présence de personne d’autre, homme ou femme. Les règles de pudeur ne s’appliquent que si l’on consulte un raqi extérieur pour un cas particulier.
Q : Faut-il être en état de pureté (wudu) pour faire la roqya ?
Ce n’est pas une obligation stricte, mais c’est préférable et recommandé, car cela favorise la concentration et l’état d’esprit propice à l’invocation.
Q : Combien de temps avant de ressentir un effet ?
Il n’existe aucune durée fixée par un texte religieux. Certaines personnes ressentent un soulagement rapidement, d’autres après plusieurs jours ou semaines de pratique régulière. La patience et la constance sont essentielles.
Q : Peut-on faire la roqya sur un proche à distance ?
La roqya se pratique traditionnellement en présence de la personne concernée (main posée sur la zone douloureuse, souffle direct). Pour un proche éloigné, il est recommandé d’invoquer Allah pour lui et de lui enseigner à pratiquer lui-même sa propre roqya dès que possible.